
Le communisme est un isme qui se croit commun à tous. Un « nous » qui prétend à l’Un, un fantasme d’annulations de chaque singularité, une volonté de dissolution de chaque « Je » dans un comme Un.
Le nazisme est un isme de nazes.
Le fascisme, un isme de fâcheux constamment fâchés.
Le féminisme prétend à un isme commun à toutes les femmes.
Le capitalisme est un isme qui s’écrie en lettre capitales, qui hurle la violence de sa majuscule et veut imposer à tous la capitulation devant son empire dévastateur.
Le socialisme est un isme qui se veut social, c’est à dire que tous n’y sont censés être que les agents et les serviteurs des discours de la société, épurés de toute pensée un tant soit peu singulière.
Le racisme est un isme de rats où un si, un conditionnel, est absolument nécessaire à la jouissance du fantasme qui en résulte. Si les races existaient, je pourrais jouir de mon identité identique à celles et ceux avec qui je la partagerais, ce serait super : hahaha.
Dans chaque isme se cache le fantasme totalitaire et jouissif de faire un à tous.
Ça rate à chaque fois, comme une équation mal posée.
Je pensais à cela un jour, en faisant le tour de cet isthme breton, ce petit bras de terre tendu dans l’océan, comme pour tenter d’amadouer ce réel parfaitement indifférent au Maelström des agitations trop humaines qui s’y noient.

